In Technique

Exploiter la volatilité

En ce moment, plus que jamais nous sommes soumis à une forte volatilité: comment faire pour l’exploiter sans se brûler les ailes ?

Détecter la volatitilité

La première chose à faire est de savoir si on a de la volatilité ou pas: plusieurs indicateurs permettent d’exploiter cette information:

La grandeur moyenne des bougies (ATR)

Je donne raison aux puristes qui n’aime voir aucun indicateur sur leurs graphiques si ce n’est le prix lui-même.
Il est clair que la hauteur des bougies nous renseignent sur la volatilité en cours et ce, qu’on soit en bougie Heikin Ashi ou pas.

Toutefois pour la recherche de screener, il peut être intéressant d’utiliser un indicateur.
L’ATR (Average True Range) est la moyenne des tailles des x dernières bougies. Par défaut x vaut 14.
Et c’est vrai que et indicateur parle de lui-même …

Les bandes de Bollinger

Souvent utilisées à tort comme un indicateur de retour à la moyenne quand il y a un excès, les bandes de Bollinger sont particulièrement intéressantes pour mesurer et exploiter la volatilité.
Je dis “à tort” car le modèle de probabilité qui se trouve derrière est la loi normale (Moyenne, écart type, …). La loi normale stipule que la répartition des valeurs de prix soit indépendante de la valeur de ce prix.
Cette loi ne s’applique pas en cas de mouvement spéculatif de type bulle où justement il y a un effet de mimétisme et ou les gens se mettent à acheter parce que tout le monde le fait.

Pour faire simple, en situation normale (volatilité normale), le prix a effectivement tendance à aller taper les bandes de Bollinger opposées en oscillant.
Mais en situation de mouvement explosif, cela ne marche plus !
Pas de chance c’est justement à ce moment là, qu’on en aurait besoin pour savoir quand sortir de position …

Quoiqu’il en soit, cet indicateur est une réelle représentation de la respiration des marchés qui alterne contraction et expansion. Voyez plutôt …

N’oubliez pas les volumes !

On a tendance à oublier la dimension cachée du prix, les volumes !
Les volumes indiquent le nombre de transactions qu’il y a eu au cours d’une bougie.
On peut ainsi avoir un prix qui ne bouge presque pas mais un nombre d’échanges qui explose.
Cela caractérise un fort intérêt du marché pour se positionner à la hausse ou bien à la baisse.


A ce moment là, les jeux sont faits, et quand le prix part enfin, tous ceux qui se sont trompés ferment leur position ce qui renforce le mouvement dans l’autre sens .

Intervenir pour exploiter la volatilité

On aura tout intérêt à se positionner au démarrage de la volatitilié plutôt que d’attendre qu’elle soit à son paroxysme (ce qui traduit bien souvent d’ailleurs la fin du mouvement).
Pour ce faire, il nous faut étudier les cartes et détecter une convergence de signaux.
Si ainsi j’ai une contraction de la volatilité sur un niveau important (support/résistance/ pivot /chiffre rond ) et que le mouvement en unité de temps supérieure est haussier, alors une figure comme celle-ci m’encouragera à prendre position dès maintenant à l’achat:

Si en 1 et en 2, je remarque une divergence des bandes de Bollinger, je constate cependant l’absence de volume. Pire encore, la résistance (en rouge) est un obstacle trop proche pour intervenir.
En 3, cet obstacle vole en éclat avec du volume et des bandes qui s’écartent: c’est le signal pour entrer. La suite se passe de commentaires …

Suivre sa position

La volatilité permet aussi de suivre votre trade pour savoir quand sortir.
Utilisons à nouveau les bandes de Bollinger en faisant un parallèle avec une navette spatiale qu’on envoie dans l’espace.
De manière quasi systématique, voici ce qu’il se passe après une explosion de la volatilité.

  1. Premier cas de figure, on a eu raison et le prix a bien explosé dans notre sens

    • Dans la phase 1, les bandes de Bollinger divergent et le volume est soutenu. En s’écartant l’une de l’autre elles nous indiquent la fusée est en phase de lancement.
      Toute la puissance du moteur est utilisée pour faire décoller le prix. Exploiter la volatilité consiste alors à suivre le mouvement !
    • en phase 2, la bande de bollinger opposée au mouvement ne diverge plus mais devient parrallèle à l’autre bande de Bollinger. Ici, il faut moins de puissance pour continuer à faire monter la fusée (le prix). Les boosters de décollage se sont détachés et le mouvement est moins brutal et donne l’impression de continuer sur sa lancée. Les volumes baissent légèrement par rapport au décollage.
    • à la phase 3, les bandes convergent à nouveau, le fusée continue sur sa lancée mais il y a de moins en moins de volume. Il va arriver un moment où elle va ralentir et potentiellement amorcer un nouveau cycle: soit on la relance, soit elle retombe. C’est clairement au tout début de cette dernière phase qu’il faut se préparer à sortir.

     

  2. On a eu raison mais le prix n’est pas allé bien loin

    • Encore une fois dans la phase 1, les bandes de Bollinger divergent et le volume est soutenu. En s’écartant l’une de l’autre elles nous indiquent la fusée est en phase de lancement.
      Toute la puissance du moteur est utilisée pour faire décoller le prix.
    • la phase 2 arrive vite, la fusée n’a pas eu le temps de monter bien haut que la bande de Bollinger basse se retourne. En fait les boosters sont restés attachés à la navette et le poids ralentit l’ensemble.
    • En phase 3, les volumes ont disparu et le prix entame sa descente. Clairement si on n’a rien encore rien fait, on risque de se retrouver en perte !

    Comment s’en sortir avec une méthode qui marché dans les cas 1 et 2 ?
    C’est clairement en gérant son risque que l’on fait cela.
    Dans le premier cas, il y a plus de patate pour le mouvement et on le prend un peu en retard. De ce fait, le Stop Loss est plus loin.
    Si on reporte la valeur du Stop Loss au dessus du cours d’entrée, on obtient le Take Profit 1 qui correspond à un gain équivalent à la somme que l’on a risquée sur ce trade.
    Si dès que le TP1 est atteint, on rapproche son SL au cours d’entrée ou bien si on clôture la moitié de sa position, alors on a un trade gratuit.


    En agissant ainsi, on n’augmente pas ses chances de gagner plus mais en tout cas, on diminue celles de perdre et ça, c’est ce qui fera la différence en fin de mois sur votre résultat …

  3. On s’est complètement planté !

    Là vous ne comprenez pas, vous avez tout respecté à la lettre et pourtant ça n’a pas marché du tout !

    • Dans la phase 1, les bandes de Bollinger divergent et le volume augmente. En s’écartant l’une de l’autre elles nous indiquent la fusée est en phase de lancement.
      Toute la puissance du moteur est utilisée pour faire décoller le prix. Mais très rapidement, le prix repart dans l’autre sens sans atteindre mon TP et touche mon Stop avant même que la bande inférieure se soit retournée. Clairement le moteur de la fusée à caler juste après le décollage !
    • en phase 2, la bande de bollinger opposée au mouvement ne diverge plus mais ça n’a de toute façon plus de sens car il n’y a plus vraiment de mouvement ! Les volumes baissent légèrement par rapport au décollage.
    • à la phase 3, les bandes convergent à nouveau, mais le prix semble former un range à présent.Que s’est-il passé ? On s’est bien planté ! Peut-être qu’il y avait une résistance que je n’ai pas vue ou bien une news économique ou encore j’ai oublié de vérifier la tendance en UT supérieure.
      Quoiqu’il en soit cela ne sert à rien de comprendre pourquoi ! Il faut accepter de s’être trompé
      Cet exemple montre en effet que même si tout peut vous paraître nickel pour entrer en position, on peut néanmoins perdre !
      L’ensemble des indicateurs ainsi que les représentations que je peux utiliser (la fusée) ne sont que des tentatives de représentation d’un mouvement a priori complètement aléatoire.
      C’est comme si vous essayez de tirer un trait droit sans règle sur une feuille posée sur vore machine à laver en mode essorage (essayez, c’est amusant à faire 🙂 )
      Tout au plus ma stratégie peut m’aider à accompagner le prix quand ça va dans mon sens et à sortir très vite pour perdre le moins possible dans le cas contraire.
      L’objectif n’est pas d’avoir raison tout le temps mais de faire en sorte que je sois statistiquement gagnant sur le long terme.

 

Exploiter la volatilité pour son trading

Il n’y a pas de manière unique de trader.
Souvent ce qui compte c’est guêter la convergence de plusieurs indices qui nous indique un mouvement probable:

  • Une figure chartiste.
  • Une tendance dans l’unite de temps supérieure.
  • Un pattern de bougie pour un éventuel retournement.
  • et vous l’avez compris, la présence d’un mouvement potentiellement epxlosif avec la volatilité.

Quand on a plusieurs de ces éléments qui apparaissent, on a tout intérêt à initier un trade.
Maintenant il faut se rappeler comment sortir de position car un mouvement explosif, surtout lorsqu’il est sans raison apparente, a de fortes chances de voir son retracement aussi brutal.
Une lecture des graphiques en mode “champ de bataille” aura donc tout intérêt à être réalisée avant même la prise de position …

 

Et vous comment vous comportez-vous face à la volatilité: restez-vous à l’écart ou bien êtes-vous plutôt en mode risque-tout ? Vous êtes libre de nous en faire part en laissant un commentaire plus bas …

Crédit Photo: Stocklib / alphaspirit

 

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