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Les indicateurs de trading: le RSI

Non je ne vais pas vous parlez du régime social des indépendants 🙂 mais d’un des oscillateurs bornés les plus puissants que l’on trouve en trading: le Relative Strength Index.
Mais vous allez me dire c’est quoi la différence entre un oscillateur et un indicateur ? Disons qu’un oscillateur est un indicateur particulier: il n’est pas sur la courbe du prix mais séparé de ce dernier. C’est tout !

La définition et l’usage classique du RSI:

Selon Wikipédia, la définition mathématique du RSI est: avec

  • H : Moyenne mobile exponentielle des hausses au cours des x dernières périodes.
  • B : Valeur absolue de la moyenne mobile exponentielle des baisses au cours des x dernières périodes.

Cet indicateur représente donc la force relative de l’évolution du prix sur les x derniers jours: j’utilise x=21 comme période. La valeur peut varier uniquement de 0% (cela indique une chute infinie du prix) à 100% (cela indique une hausse infinie du prix).

De base l’indicateur apparaît en rouge quand il est en dessous de 20%, on parle alors de survente ce qui serait un signal qu’il faut penser à acheter et en vert quand il est au-dessus de 80%, on parle alors de surachat ce qui serait un signal de vente.

Un usage détourné du RSI:

Ppour ma part je n’utilise pas cette information: j’ai remarqué qu’elle n’était que très peu pertinente (concrètement l’indicateur peut être en surachat pendant très longtemps et ce n’est donc pas un signal de revente).

Je préfère rester terre à terre: quand l’indicateur est au-dessus de 50, il indique un mouvement haussier et en dessous de 50, un mouvement baissier. C’est pourquoi j’ai tendance à modifier l’indicateur de prorealtime afin qu’il colorie en vert la zone où il est au-dessus de 50 et ne colorie pas la zone en-dessous des 50. De cette façon, j’ai un rendu plus visuel de la situation.

Là où il est particulièrement efficace, c’est quand on détecte des divergences entre les plus hauts sommets (respectivement creux) que forme le prix et les plus hauts sommets (respectivement creux) que forme le RSI: ainsi quand le prix fait un plus haut et que le RSI en fait de même, nous sommes confortés dans l’idée que la tendance est soutenue mais s’il y a une divergence entre les deux, à savoir que le prix fait un plus haut alors que le RSI ne le fait pas, alors on a la preuve d’un essoufflement du mouvement en cours.

S’agit-il d’un essoufflement temporaire ou pas ? Pour le savoir, il faut observer la zone de neutralité (ZN) du RSI qui se trouve autour de 50 (En général c’est pile 50 mais pour certains titres dans certaines configurations, cette valeur peut varier entre 40 et 60). Si le RSI présente une divergence baissière avec le prix et que le RSI clôture en dessous de la ZN, alors on un fort signal de retournement.

Remarque: Pour déterminer un plus haut sur le prix qui soit pertinent avec le RSI, je n’intègre pas les mèches. Je considère en effet que le RSI étant calculé en clôture, il importe de faire de même avec le prix.

Attention, s’il n’y a pas de divergence et que le RSI casse sa ZN, il y a de forte chance que nous faisions face à une simple correction et que le prix reparte dans le sens initial.

De même si la divergence ne se valide pas (ie: le RSI ne casse pas sa ZN et reflue dans le sens d’où il venait), le prix va rebondir brutalement dans le sens initial: il convient donc d’être rigoureux et d’attendre la cassure effective (la bougie doit être terminée): il arrive souvent quue le RSI casse la ZN en cours de bougie pour finalement rester du mauvais côté et invalider toute notre stratégie. En trading plus que tout autre activité, anticiper est synonyme d’échec !

Attention également à un point important: il faut qu’il y ait un momentum pour que le RSI soit valide. Si ce n’est pas le cas c’est que nous sommes vraisemblablement en Range (Le prix oscille horizontalement ou légèrement en pente, sans direction bien précise) et dans ce cas, le RSI va suivre le prix sans pouvoir être exploité.

On comprend donc tout l’intérêt d’avoir deux moyennes mobiles et d’étudier leur situation relative pour savoir s’il y a un flux ou pas. Dans l’exemple ci-dessus, la MM20 oscille autour de la MM50 quasiment à plat ce qui est caractéristique d’une absence de tendance (Range).

Enfin dernier point, il ne faut pas être trop rigoureux sur la zone de neutralité qui comme son nom l’indique, n’est pas une valeur fixe mais une zone. Si la plupart du temps le seuil de 50 est suivi rigoureusement comme par magie, il y a des circonstances ou la valeur effective s’en écarte sensiblement: cela dépend du titre et de la situation mais on le voit bien apparaître sur le graphique ou bout de quelques rebonds:

Dans cet exemple, le prix semble rebondir sur les 45% et non les 50%.
J’ai remarqué que plus l’unité de temps était longue et plus la valeur 50 avait du sens alors que plus l’unité de temps était courte, plus il fallait prendre de la tolérance sur “l’épaisseur” de la ZN.

Je vous invite à regarder plusieurs graphiques dans plusieurs unités de temps: c’est assez bluffant, ça marche très souvent !

Attention toutefois, comme tout indicateur, il ne faut pas s’attendre à ce que cela fonctionne à chaque fois (il n’y a rien de sûr dans la bourse). C’est toutefois en combinant les indices entre eux qu’on va pouvoir se forger une idée de l’évolution probable du prix. Nous continuerons à aborder les indicateurs que j’utilise dans les posts à venir.

Une Analogie originale pour comprendre le rôle du RSI:

L’idée m’est venue à l’esprit il y a quelques temps quand j’ai piloté mon avion télécommandé tout juste acheté mais qui était mal réglé au niveau des commandes de profondeur: pour faire simple le débattement de la profondeur était trop brutal (pour les experts, je dirais que je n’avais pas mis de courbe exponentielle sur la commande) et donc je n’arrêtais pas d’osciller entre montée et descente pour maintenir tant bien que mal mon avion stable en vol.

Je n’ai pas eu le réflexe de penser à la Bourse sur le coup (comme quoi je suis encore récupérable 🙂 ) mais seulement quelques heures après que j’ai pu faire rejoindre l’engin sur le sol en un seul deux morceaux…

Si vous n’arrivez pas à “sentir” ce qu’est vraiment le RSI, imaginez donc que vous pilotez un avion et que le prix est votre indicateur d’altitude alors que le RSI est votre indicateur de vitesse verticale:
Quand le prix monte, c’est que vous vous élevez dans les airs.
Quand le RSI monte, c’est que votre élévation se fait en accélérant.

Maintenant, admettez que, tout comme moi :-), vous n’êtes pas un super pilote et que vous n’arrivez pas à faire monter votre appareil en ligne droite mais que votre trajectoire ressemble plus à des montagnes russes: vous essayez de monter mais vous êtes trop brutal sur les commandes et ne cessez de compenser: vous tirez trop sur le manche, l’avion monte trop et donc vous repoussez le manche pour qu’il monte moins vite mais vous poussez trop fort, donc l’avion baisse et vous retirez vers le manche pour compenser, etc. Le prix matérialise bien ces oscillations et, le RSI est bien au-dessus de sa zone centrale car globalement votre avion monte et ce malgré les oscillations d’altitude.

Et puis à un moment, il faut penser à redescendre! Vous décidez alors de changer de technique en jouant sur la vitesse du moteur: votre avion monte toujours mais vous cessez de pousser le manche et baissez les gaz pour qu’il descende: il se met donc à monter davantage au début (Le prix fait un nouveau plus haut) mais la vitesse verticale est moins importante qu’avant (Le RSI ne fait pas un nouveau plus haut): c’est que votre avion n’avance plus que sur l’élan qu’il a acquis. A un moment donné, si vous ne remettez pas les gaz, la vitesse verticale baissera malgré le fait que vous ayez toujours le nez vers le haut puis votre avion perdra de l’altitude et vous entamerez sérieusement la descente: le RSI sera alors sous sa zone centrale et le prix (l’altitude) baissera.

Vous devriez maintenant mieux comprendre que regarder seulement l’altitude de l’avion ne vous permet pas de savoir s’il va continuer de monter ou pas. En revanche, regarder la vitesse verticale ou écouter le régime moteur (ie suivre un oscillateur comme le RSI), va vous donner des éléments supplémentaires pour vous faire une idée de ce qui va se passer…

Et vous comment utilisez-vous le RSI ? Je vous invite à répondre dans les commentaires ci dessous …

Crédit Photo Stocklib / Magnus Johansson
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2 Responses to Les indicateurs de trading: le RSI

  1. Martin dit :

    salut Arnaud, belle illustration que cette analogie avec l’avion ! 🙂
    c’est un plaisir de te lire, on sent ton expérience professionnelle, et l’humilité du grand trader

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